Fédération mondiale des associations de la santé publique

À l’issue du 8e Congrès international de la Fédération mondiale des associations de la santé publique tenu à Arusha (Tanzanie) en 1997, les représentants de l’Association tanzanienne pour la santé publique (TPHA) ont exhorté la Fédération à élaborer une initiative pour combattre la crise mondiale du tabagisme. Après le congrès, la Fédération a élaboré une déclaration de principes sur la lutte antitabac, dans laquelle elle engageait des ressources et réclamait la participation active du mouvement mondial pour la santé publique, en partenariat avec d’autres organismes, en vue de l’élaboration d’un cadre international de lutte contre le tabagisme et de la mise en œuvre d’actions efficaces pour promouvoir un monde sans tabac.

Deux ans plus tard, en 1999, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lançait la rédaction et les négociations de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), le premier traité international de santé publique. De 1999 à 2003, l’OMS a tenu plusieurs séances de négociations sous les auspices d’un Comité intergouvernemental de négociation dont la Fédération faisait partie. La CCLAT est entrée en vigueur le 27 février 2005, et au 30 septembre 2007, plus de 150 parties l’avaient ratifiée, dont le Canada (les parties à la convention-cadre sont les pays qui l’ont ratifiée et qui sont tenus d’en appliquer les directives).

La Fédération a été l’un des premiers membres de l’Alliance pour la convention-cadre, un consortium d’ONG internationales engagées dans la lutte contre le tabagisme dans le monde. En mai 2001, la Fédération organisait son premier atelier international sur le tabagisme. Il en est résulté un appel aux associations nationales pour la santé publique de s’engager activement dans la lutte antitabac, tant dans leurs pays respectifs que sur la scène mondiale.

En 2004, pour souligner son soutien à la CCLAT, la Fédération a fait circuler une pétition aux professionnels de la santé publique en collaboration avec d’autres associations internationales de professionnels de la santé. La pétition visait à accroître l’appui à la convention-cadre dans les pays du monde entier.

La Fédération poursuit ses activités de soutien à la ratification de la CCLAT dans le monde et à l’application de ses articles dans tous les pays.


Forum canadien sur la lutte internationale contre le tabagisme

Consortium d’ONG créé en 2005 et dont l’ Association canadienne de santé publique assure la coordination et l’administration, le Forum canadien sur la lutte internationale contre le tabagisme réunit l’ACSP, Médecins pour un Canada sans fumée, HealthBridge, la Fondation des maladies du cœur du Canada, la Société canadienne du cancer, l’Association pulmonaire du Canada, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et leurs contreparties à l’étranger en vue de développer et de renforcer les capacités locales de conception et d’exécution d’activités antitabac. Le Forum resserre les liens de coopération entre les ONG canadiennes et apporte une certaine cohésion à l’action canadienne dans la lutte internationale contre le tabagisme.

Grâce à la contribution financière de Santé Canada, le Forum a pu fournir une aide technique et financière à des organismes partenaires au Burkina Faso, en République populaire de Chine, au Congo-Brazzaville, en Jamaïque, en Équateur, au Mexique, au Mozambique, au Niger, en Tanzanie et au Vietnam. Le Forum a aussi collaboré à des initiative régionales par l’entremise du Secrétariat pour les pays du Commonwealth et de l’InterAmerican Heart Foundation.

Ces activités ont donné d’importants résultats. On comprend mieux les enjeux sociaux, culturels, gouvernementaux et logistiques auxquels les pays en développement sont confrontés, leurs différences d’un pays à l’autre, et leur influence sur les approches de lutte contre le tabagisme. On a intensifié la collaboration régionale en Afrique francophone et la portée du mouvement antitabac au Mozambique. En Amérique latine, on a renforcé ou « redynamisé » les capacités de lutte contre le tabagisme et créé un cours de formation en ligne. Le gouvernement et les ONG du Canada ont élaboré un plan d’action pour renforcer l’efficacité de la lutte antitabac en Chine. Le Forum a aussi financé les frais de voyage de Péruviens et d’Uruguayens qui désiraient assister à la Première Conférence des Parties de la CCLAT, ainsi qu’un atelier sur les étiquettes de mise en garde lors de cette conférence, et permis à des spécialistes de la lutte antitabac du Mozambique, du Niger et du Népal de participer à la Deuxième Conférence des Parties. De plus, un rapport de suivi de la mise en œuvre de la CCLAT dans les pays du Commonwealth et des DVD contenant des messages d’intérêt public ont été réalisés et envoyés aux ministres de la Santé du Commonwealth.


Élaboration d’un système international de surveillance du tabagisme

L’ACSP est partenaire depuis 1999 de l’Initiative pour un monde sans tabac de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Office on Smoking and Health des CDC américains pour l’élaboration et la mise en œuvre de trois enquêtes qui s’inscrivent dans un système international de surveillance du tabagisme (l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes – GYTS; l’Enquête mondiale auprès du personnel enseignant – GSPS; et l’Enquête mondiale auprès des étudiants des professions de la santé – GHPSS).

Le tabagisme des jeunes est un grave problème de santé publique dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. L’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes (GYTS(1)), administrée dans les écoles, vise à améliorer les capacités nationales de surveillance du tabagisme chez les jeunes et à orienter la mise en œuvre et l’évaluation de programmes de prévention et de contrôle. On utilise une méthode type pour construire une base de sondage, sélectionner les écoles et les classes, préparer les questionnaires et uniformiser la procédure sur le terrain et le traitement et l’analyse des données. Les pays participants utilisent l’information tirée de l’enquête GYTS pour stimuler l’élaboration de programmes antitabac et pour évaluer les progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs. Les données d’enquête peuvent aussi servir au suivi de sept des articles de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’OMS. En septembre 2007, l’enquête GYTS avait été réalisée au moins une fois dans 148 pays membres de l’Organisation des Nations Unies et dans trois entités (les Territoires palestiniens, Taïwan et la province du Kosovo sous tutelle de l’ONU), et l’enquête avait été répétée dans 74 pays. De premières enquêtes GYTS étaient en cours dans 20 pays (ce qui porte à 171 le nombre total de pays et d’entités où l’enquête a été menée), et des enquêtes de suivi avaient cours dans 50 autres pays.

Les enseignants, les administrateurs scolaires et le personnel de soutien des écoles sont des modèles pour les jeunes. Leurs attitudes à l’égard du tabac et leur tabagisme peuvent influencer les décisions des jeunes d’essayer la cigarette; elles ont aussi une influence sur l’efficacité des activités de lutte contre le tabagisme dans les écoles. C’est pourquoi l’Enquête mondiale auprès du personnel enseignant (GSPS(1)) recueille de l’information sur leur utilisation du tabac et sur les politiques et les programmes liés au tabagisme en milieu scolaire. Jusqu’à maintenant (septembre 2007) l’enquête GSPS a été menée dans 69 pays.

Le tabagisme des professionnels de la santé revêt un intérêt particulier pour la surveillance du tabagisme, car ces professionnels sont non seulement responsables des soins de santé primaires et de l’information sur les enjeux liés au tabagisme, comme le renoncement à la cigarette et l’exposition à la fumée secondaire du tabac, mais ils sont des modèles dans la communauté. L’Enquête mondiale auprès des étudiants des professions de la santé (GHPSS(1)) est administrée aux étudiants de troisième année des programmes universitaires de dentisterie, de médecine, de sciences infirmières et de pharmacie. Elle comporte des questions de base sur le profil démographique, la prévalence de l’usage de la cigarette et d’autres produits du tabac, les connaissances et les attitudes sur le tabagisme, l’exposition à la fumée secondaire du tabac, la volonté de cesser de fumer et la formation reçue concernant les techniques de renoncement au tabac à utiliser avec les patients. L’enquête GHPSS utilise une méthode normalisée pour la sélection des établissements d’enseignement et des classes et pour le traitement des données. Une version d’essai a été menée en 2005 dans 10 pays. En septembre 2007, l’enquête GHPSS avait été menée dans 40 pays, et elle était en cours dans 13 autres pays.

Télécharger le rapport de l'étude sur les programmes d'études portant sur le sevrage tabagique
(en anglais.  PDF : 1,6 mo)

En 2006, l’ACSP a confié à une équipe de recherche du Département de soins de santé et d’épidémiologie de l’Université de la Colombie-Britannique le mandat de mener une étude pour examiner les programmes d’études portant sur le renoncement au tabac dans la formation des étudiants en médecine, en sciences infirmières, en dentisterie et en pharmacie et à formuler des recommandations à cet égard. Les objectifs de l’étude étaient les suivants : 1) décrire l’état des programmes d’études sur le renoncement au tabac dans un échantillon d’universités au Canada et à l’étranger offrant des diplômes en médecine, en sciences infirmières, en dentisterie et en pharmacie; 2) faire une synthèse des programmes d’études sur le renoncement au tabac disponibles dans le monde pour les étudiants de ces facultés; 3) examiner la documentation publiée et la « littérature grise » sur le sujet; et 4) formuler des recommandations pour l’élaboration future de programmes de renoncement au tabac pour les étudiants en médecine, en sciences infirmières, en dentisterie et en pharmacie. Cette étude était financée par les CDC américains.


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en anglais


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