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Canadian Public Health Association

Le travail du sexe et la santé publique au Canada

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LA SANTÉ PUBLIQUE COMPTE

Le travail du sexe est fortement stigmatisé et criminalisé au Canada, ce qui crée des obstacles importants à la santé, à la sécurité et au bien-être des travailleur·euse·s du sexe. D’un point de vue de santé publique, il est essentiel d’aborder le travail du sexe à travers une approche de réduction des méfaits, de décriminalisation et d’amélioration de l’accès aux services de santé afin de protéger la santé des travailleur·euse·s du sexe et du public en général. Le gouvernement fédéral a un rôle déterminant à jouer dans la mise en œuvre de politiques qui priorisent la santé et la sécurité des travailleur·euse·s du sexe tout en éliminant les barrières systémiques auxquelles iels font face.

Une norme plus élevée

Le travail du sexe est un enjeu de santé publique, et sa criminalisation aggrave les risques pour la santé des travailleur·euse·s du sexe, en augmentant leur exposition à la violence, à la discrimination et aux obstacles aux soins de santé. La Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation (LPCPVE) criminalise de nombreux aspects du travail du sexe, forçant les travailleur·euse·s à exercer dans des conditions dangereuses et accentuant leur vulnérabilité à l’exploitation (Association canadienne de santé publique, 2024).

La recherche démontre que la décriminalisation du travail du sexe améliore la santé et la sécurité des travailleur·euse·s. Des pays comme la Nouvelle-Zélande, ayant adopté la décriminalisation, ont constaté une diminution de la violence, un meilleur accès aux services de santé et des relations renforcées entre travailleur·euse·s du sexe et corps policiers (Platt, 2018).

Il est temps que le Canada fasse mieux.

Pourquoi c’est important

Les travailleur·euse·s du sexe font face à des inégalités majeures en santé, notamment des taux plus élevés d’infections transmissibles sexuellement (ITS), de troubles de santé mentale et de violence. La criminalisation empêche ces personnes de signaler les crimes, de consulter des services de santé ou d’accéder à des ressources sociales sans crainte d’être arrêtées ou stigmatisées (ONUSIDA, 2024).

Les organismes de santé publique, dont l’OMS et ONUSIDA, appuient la décriminalisation comme moyen d’améliorer la santé et les droits humains des travailleur·euse·s du sexe. Le gouvernement fédéral a la responsabilité d’adopter une approche fondée sur des données probantes qui met l’accent sur la réduction des méfaits et la sécurité.

Solutions politiques pour le prochain gouvernement fédéral

  • Abolir la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation et s’engager vers une décriminalisation complète du travail du sexe afin d’assurer des conditions de travail plus sécuritaires et de meilleurs résultats en santé.
  • Augmenter l’accès aux services de santé et sociaux : Financer les services de santé dirigés par la communauté, offrant des soins complets, culturellement adaptés, incluant le soutien en santé mentale et des services de réduction des méfaits pour les travailleur·euse·s du sexe.

Questions aux candidat·e·s

  • Votre parti s’engage-t-il à abroger la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation et à la remplacer par un cadre réglementaire fondé sur des données probantes?
  • Votre parti s’engage-t-il à décriminaliser le travail du sexe au Canada pour améliorer la sécurité et les résultats de santé des travailleur·euse·s du sexe?
  • Comment votre parti garantira-t-il un accès équitable aux soins de santé pour les travailleur·euse·s du sexe, sans stigmatisation ni discrimination?
  • Quelles mesures votre parti prendra-t-il pour investir dans la réduction des méfaits et les services de soutien pour les travailleur·euse·s du sexe?

Ressources